Archives de catégorie : Lire les textes (an 01)

Virilisme et création

L’avalanche des « moi aussi » (#MeToo) dans le cinéma a un sens. Le dernier article en date, une nouvelle enquête de Marine Turchi sur Mediapart, enfonce le clou là à l’endroit même qui fait mal depuis si longtemps (pour les non-abonné.e.s lire ici, ou faites-le moi savoir et je vous offre l’article). Où l’on parle non seulement d’attouchements et de harcèlement sur une enfant, mais aussi d’emprise et de domination sous couvert d’une initiation artistique, mais surtout sous le couvercle d’une chape de silence et de honte. Les uns étant la conséquence des autres. Conséquence qui blesse à vie et que l’on porte là, à l’intérieur, cachée ou pas, plaie profonde qui restera toujours à vif pour peu qu’on y appuie.

Mais ce sont des autres dont je veux parler, des causes : l’emprise, la domination, l’assujettissement. Pourquoi, dans cet univers du cinéma, les violences, verbales, physiques sont-elles si nombreuses ? Parce que c’est un lieu inouï de pouvoir, un univers hiérarchisé à l’extrême, un amoncellement de contrats précaires et une répartition sociale et genrée des rôles absolument hallucinante encore aujourd’hui. Comme une espèce archaïque du travail salarié, un monstre répugnant venu des grandes profondeurs de l’histoire de l’exploitation, avec une sale gueule de poisson très très vilain. J’exagère pas. Montrer « patte blanche », être adoubé.e, courir après le pognon, rougir sous le feu des critiques, se faire « repérer », envier les collègues, quêter des palmes et des prix, désirer la reconnaissance, renouveler ses cachets, et j’en passe, cela ne crée pas les meilleures conditions pour développer des relations saines, solidaires et joyeuses de travail désaliéné. Cela engendre une compétition malsaine à tous les niveaux et c’est pas l’an O1 tous les jours. Mais c’est aussi un endroit où le virilisme, montrer ses muscles ou sa grande culture (cela peut être pareil) et jouer les grandes gueules, atteint souvent son apogée.

L’emprise, la domination, le fait qu’un bonhomme de quarante ans se permette de déclarer sa flamme à une gamine de 12, s’imagine être amoureux fou, s’inventant un rôle de pygmalion-mentor surplombant jusqu’à ce que la main s’insinue là, sous le pull, pesante comme du plomb justement, sont directement liés à la posture stupide, idiote, imbécile du créateur dans notre société, avec un grand K qui écrase à la PolansKi.

Bien plus souvent homme que femme, même si le virilisme peut aussi être adopté par quelques femmes – il arrive que les dominé.e.s revêtent les oripeaux culturels des dominants -, le créateur viriliste ici-bas est une espèce pas si rare qui semble pouvoir tout se permettre, sans grand risque. Tripoter des petites filles est le paroxysme d’abus de pouvoir permanents. Entendre des réalisateurs sur un plateau parler aux équipes comme « à des chiens » est chose admise, et fréquente dit-on. Ce ne serait pas de l’autoritarisme à deux balles, mais une autorité nécessaire à la réalisation d’une œuvre.

C’est pourtant cela qu’il faut remettre en cause : cette posture d’évidence qui s’impose par la force, joue sur la peur et la terreur, laquelle cascade de postes en sous-postes dans un invraisemblable silence. Parce que si l’on veut bien aligner les parallèles, et y réfléchir cinq minutes, on entrevoit l’équivalence de positionnement autocrate et individualiste entre un Kréateur, un grand patron genre FMI ou un chef d’Etat à la Trump. L’abus sexuel est une des facettes de l’abus de pouvoir.

La révolution qui s’imposerait pour mettre à mal cette posture-là nous obligerait à déboulonner les statuts, les statues et les statures. En quoi, pourquoi, le créateur est-il supérieur à tout autre ? Il est « autre » peut-être, certainement… mais supérieur ? Franchement ? Réfléchissons.

Novembre 2019.

La beauté tient à un fil

Un énième débat sur l’immigration à l’Assemblée nationale a lieu en ce moment. Il y a plus de vingt ans, j’avais collaboré à la rédaction d’un dossier qui s’appelait « Politiques piégées de l’immigration » et si je me souviens bien le duo Pasqua-Pandraud en était la cause. Depuis on est en boucle. C’est un peu comme Vertigo, on tourne sur nous-mêmes dans une immense spirale descendante, on chute, on chute, on chute et jusque-là tout va mal. Et le piège se referme, toujours plus, les crocs acérés sur les chairs les plus tendres, celles des plus fragiles d’entre nous.

Un débat à l’Assemblée autour de véritables chiffres, de véritables enjeux, avec des éléments fournis par celles et ceux qui sont au charbon du quotidien aurait pu être un grand moment de pédagogie.

Un débat avec pour seules prises de paroles des opinions qui s’opposent avec la radicalité des tribunicien.ne.s, rien n’est plus vain, mais par contre rien n’est plus dangereux pour les temps à venir. Il y aurait de quoi être très pessimistes. Et je le suis, profondément.

Mais les moins de vingt ans, en ce moment, font un bien fou. Ils ne ressassent pas, en boucle, les échecs des temps jadis, ils nous tendent le miroir sans alouette des dégâts du présent. Comme disait l’autre qui ne voulait pas désespérer Billancourt, ne désespérons pas la jeunesse, ne leur disons pas que tout a été essayé, que rien n’est plus possible. Au pessimisme de l’intelligence du monde, opposons toujours – pas forcément l’optimisme -, mais, oui, le volontarisme collectif des gens qui en ont… de la volonté. Car si je me méfie de l’optimisme béat, je m’obstine à tenter de voir la beauté du monde dans l’humanisme en actes.

Dans un débat autour du film ci-dessous, on me dit qu’il est optimiste, ce film, et que cela fait du bien. Je suis heureuse du bien que cela peut faire, même si je ne penche pas du côté de cet optimisme-là. Si mon boulot était de décrire les situations telles qu’elles sont, telles que je les vois, on rigolerait pas tous les jours. Mais le boulot que je me suis confié à moi-même, c’est de dire ce que je trouve beau. C’est-à-dire que je lutte, en permanence, contre moi-même et mon penchant lucide à envisager le monde tel qu’il ne va pas.

Et je trouve beau ces femmes qui bossent tous les jours à ressemeler les godasses trouées des gosses sans avenir (J’ai adoré le film La vie scolaire, je le dis en passant). Je l’ai déjà écrit, pour moi filmer c’est admirer. Non pas regarder vers le haut en se plaçant plus bas, – la contre-plongée c’est pas très joli pour les visages -, mais chercher à nous élever ensemble.

Mais ce que je trouve beau est aussi très fragile. La beauté tient à un fil.

Ce travail que ces femmes accomplissent dans un quartier de Sète, comme dans tant d’autres endroits du monde, difficile, exigeant mais surtout harassant, de croire en la jeunesse, de se mobiliser constamment à envisager un avenir possible pour celles et ceux qui partent dans la course avec des fers aux pieds (si les gens qui parlent « d’égalité des chances » pouvaient réfléchir cinq minutes à la bêtise intrinsèque de cette assertion bateau), mérite d’être compris et soutenu. C’est un peu le moins que l’on puisse faire au regard de leurs actions, même aux jours sombres du pessimisme et du désespoir à l’écoute des débats malsains de nos… « représentant.e.s » dans le grand hémicycle.

Octobre 2019.

Des arbres, des médiathèques… et des petits vélos

Petite chronique de l’été : Il faut planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique. Bon, ce serait un minimum, parce qu’il faudrait tellement plus. La maison brûle toujours plus haut, plus fort, plus grand, on regarde toujours ailleurs sous les pieds nus de nos voisins pour voir si par hasard ils ne viendraient pas piller nos climatiseurs.
Hier quatre maisons sont parties en fumée à Montbazin, sous les effets conjugués de la sécheresse et du mistral.
Mais bon… des arbres… ça m’aide à faire un titre pour parler des médiathèques.

Et les petits vélos ? Ben le Tour de France est terminé, un jour de nostalgie s’en suit toujours obligatoirement. Un Tour effectué au frais de ma maison humide à défaut de courir les routes du Comminges et du Gard écrasées de chaleur et de souffrances. Le Tour de France, ça aide pas à lutter contre le réchauffement climatique… Mais ça fait toujours s’exalter les oiseaux à plumes et j’adore les journalistes sportifs, hérauts d’un lyrisme intemporel. Je me suis donc régalée à suivre le Tour dans les pages, désormais électroniques, du Monde en me réjouissant de leurs haltes bistrotières.
Régalée, y a pas d’autres mots.
J’aime les sports collectifs qui me donnent des émotions rarement ressenties par ailleurs* (je me mets dans les pas de Camus, ça cautionne grave), j’aime les paysages d’Occitanie et j’aime les feuilletons des journaux depuis Zevaco jusqu’à, donc, ce Tour exaltant de 2019.

Alors… Les médiathèques. S’il faut planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut de la même manière planter des médiathèques pour lutter contre la désertification culturelle. Parce que le désert culturel, ce n’est pas l’absence de lieux de culture, c’est la réticence à les fréquenter, ces lieux. Etudes après études de l’observatoire des pratiques culturelles, on ne peut pas dire qu’on progresse à la vitesse du réchauffement climatique pré-cité.

Je ne connaissais pas bien les médiathèques avant d’y filmer dedans. J’allais quelquefois chercher des livres ou des films, vite fait, mais jamais m’y poser à lire le journal, regarder autour de moi les enfants y jouer, m’y faire lire des histoires au creux de l’oreille, participer à des ateliers d’écriture, d’épices, de sons, de chants, de jeux vidéos grandeur nature…. J’y étais bien passée y entendre une ou deux conférences l’an, oui, y voir un film ou une expo aussi… Mais pas plus.

Je n’avais donc pas vraiment la notion d’un service public aussi vaste, si complet. Un service de fait, comme l’eau et l’électricité pour ma génération, d’évidence. Mais je ne l’avais pas encore entendue, cette notion, comme au sens de Vilar, un formidable outil d’humanité, un service public de culture ouvert à toutes, tous, en tous temps et à toute heure, sans que l’on vous demande rien à l’entrée, juste à faire un petit peu moins de bruit quelquefois, le temps d’une pause, au frais climatisé en ce moment, aux frais du contribuable qui ne sait pas à quel point cette contribution-là est l’une des plus utiles qui soit.

Pourquoi ? Parce qu’on y est bien, qu’on s’y sent bien. Parce que personne ne s’y sent « jugé.e » comme on peut le ressentir trop souvent dans ces lieux de culture où il faudrait les bons codes pour oser y pénétrer (quel échec !).
Et qu’à partir de là, tout peut arriver. Il faut, pour chacun.e des individus que nous sommes, des lieux collectifs comme des rampes de lancement, des lieux dans lesquels on ne sait pas ce que l’on va trouver, des lieux au risque de s’y trouver soi-même.

Oui, il faut planter des arbres et des médiathèques.
Et des arbres comme des médiathèques, en prendre un soin constant.

Juillet 2019

  • Le théâtre, aussi, me les a apportées ces émotions autrefois. Mais j’ai plus trop les moyens… et je les aurai de moins en moins… je dis ça, je dis rien…

Trop bon, trop con… Non !

C’etait un article dans le journal local, ça nous avait tous vexés dans la famille à l’époque. On écrivait de mon grand-père : « ce brave monsieur F. ». Brave. Souvent, brave est suivi de con. Brave con. Alors que la bravoure, c’est pas rien. Et mieux vaut être brave que méchant, on est bien d’accord ! Non ? On n’est pas d’accord ? On n’est pas chez les « bisounours » entend-on ?

Tout ce qui m’est arrivé de beau, de bien, de touchant, de généreux, tout ce qui m’a fait pleurer de bonheur, m’est arrivé par gentillesse. Celle d’autrui, la mienne aussi. Don, contre-don. C’est comme une philosophie. De vie. De vie entière maintenant.

Quand les mains sont ouvertes, les yeux écarquillés et le sourire posé aux lèvres… on n’imagine pas la somme des petits bonheurs qui nous échoient, à nous, les braves. Pas si cons.

Avril 2019

Comment vous faites avec la misère ?

Comment vous faites, habitant.e.s, des grandes villes, avec la misère ? Je ferais comme vous, je pense, je passerais, m’apitoierais, m’alarmerais, m’habituerais. Une pièce un jour sur deux au monsieur du feu rouge à l’angle de ma rue.

Marcher dans la ville qui fut mienne et la voir transformée par la misère à tous bouts de rues, de carrefours, de trottoirs et d’espaces verts, le choc est grand. On me dirait « Paris », on me l’a dit déjà, les bidonvilles sous le périphérique, je réagirais moins fort je crois. C’est stupide, je le sais. Et puis Toulouse est une grande ville, à l’instar d’un Paris, d’un Lyon ou d’un Marseille. Bordeaux ? Oui, Bordeaux aussi.

La misère est partout, je le sais aussi. Dans mon petit bourg du piémont pyrénéen, dans ma petite ville des bords de mer…

Mais dans les grandes villes, le choc, ce sont les mondes qui se choquent, et ça se voit, et c’est cruel, et signifiant. Et cruellement signifiant. Il y a celles et ceux en vélo, celles et ceux qui courent, celles et ceux qui roulent, qui rollent, qui trottinettent, celles et ceux en bus, celles et ceux en voitures, celles et ceux aux terrasses des bars, celles et ceux allongé.e.s au sol, celles et ceux sous la tente sur les trottoirs, celles et ceux qui passent et qui regardent, celles et ceux qui se penchent, celles et ceux qui se sont penchés mais ne se penchent plus, ce serait trop souvent, trop d’argent, celles et ceux qui ne fument plus dans la rue, ça reviendrait trop cher de filer des clopes à tout bout de champ comme on le faisait avant, celles et ceux qui vont au théâtre, au cinéma, celles et ceux qui font la queue pour entrer dans des restaurants, celles et ceux qui se refilent des bons plans, celles et ceux qui troquent, celles et ceux qui « font » les magasins, celles et ceux qui « se font » les magasins, celles et ceux qui ne font plus les magasins, que la manche, celles et ceux qui se « démerdent », celles et ceux qui ne se démerdent plus.
Beaucoup, beaucoup, beaucoup trop de gens abîmés.
Et pour paraphraser Saint-Exupéry, je n’aime pas qu’on m’abîme un homme, une femme, des enfants. La queue tous les petits matins devant la veille sociale du Ccas, la petite (vieille) dame assise jambes repliées contre elle (à cet âge avancé, le tailleur n’est plus possible) à côté de la boulangerie, vision quotidienne à travers la vitre du bus.

Alors bon… s’indigner, se révolter… bien sûr.
Mais surtout lutter contre le fait de s’y habituer, je crois que ce doit être un dur combat.

Avril 2019

Une vie

Il y a des morts qui bouleversent les programmes. Pas seulement radio ou télé. Je n’aurais pas pensé, même hier, que la mort de Michel Legrand me ferait tomber soudainement dans le chaudron de l’enfance, de la jeunesse, de mes trente ans, de mon aujourd’hui, linéaire, accompagnement de toujours, désormais, à très bientôt cinquante, on peut dire d’une vie. Ma tasse de café encore à la main, dans l’autre le téléphone portable sans fil, je tape sur You tube et ça défile : Parapluies, Gene Kelly-Demoiselles, Peau d’Ane-Marraine…

C’est enfant, à la télévision, les couleurs si évocatrices des années 70, mais je ne le savais pas à l’époque, ces lilas, ces oranges, ces verts, ces bleus, ces mauves, l’enchantement de Peau d’Ane. J’adorais Jean Marais parce que j’adorais les films de cape et d’épée. C’est ensuite jeune fille le rêve des amours trouvées après les amours fantasmées chantées par Maxence, et ma voix qui s’accorde plus aisément aux graves des forains qu’aux aigus de leurs jeunes compagnes. Faut dire que j’ai commencé à fumer assez tôt.

C’est aussi, enfant, une cassette audio de Michel Legrand. Je n’aimais pas plus que ça l’écouter mais j’aimais, déjà, le chanter. J’ai depuis perdu mes dernières cassettes audio dans un des multiples déménagements… et je ne me souviens pas depuis quand je n’ai plus rien pour les écouter encore…

A la trentaine, les Demoiselles ont déjà été vues plus de vingt fois, les Demoiselles vingt-cinq ans après itou, Jacquot de Nantes, c’est lui, c’est Demy… je suis tombée aussi à ce moment-là dans la marmite à Varda, tout vu, tout pris… ça donnait comme une unité à la vie.

Puis je déménage de Toulouse à Sète et les Demoiselles s’estompent. Je les revois moins. Je les chante moins surtout, normal, la voix s’éraille… A la clope, s’ajoutent les rites initiatiques au bar des halles, ça n’aide pas… Mais Legrand revient par la petite porte de la quarantaine, une trouvaille chouïa misogyne, une époque là encore, celle que je n’ai pas connue, celle d’avant moi, les années 60. Par Nougaro, celui avec lequel, je l’espère, ma voix s’accordera toujours ! Pour l’accent, c’est sûr. (Chanter dans son accent, c’est comme enfiler des pantoufles, on se sent extrêmement à l’aise, ça me fait le coup aussi avec Cabrel et les collègues.)

Bon bref, une vie.
Est-ce que je dis que ça fait tout bizarre que les gens qui étaient dejà un peu vieux, quand même, dans l’enfance, meurent les uns après les autres ? Est-ce que je le dis que je ne l’ai pas vu venir ? Que tout d’un coup, les premières années de ma vie d’adulte s’éloignent et qu’en tendant le bras derrière, je risque l’élongation de l’épaule ?
Non, je me remets plutôt cette histoire si drôlement racontée par Danielle Darrieux. Pour le plaisir de prolonger la chronique et le temps…

Janvier 2019

Alors on pense*

Tout va trop vite, la pensée notamment, même pas le temps d’écrire, de saisir la pensée qui vole pour la poser là, qu’une autre arrive, la pousse, la chasse. Pour le sens, les sens, le moment est assez exaltant. Avoir passé tant d’années à enrager de la disparition du peuple, des peuples, des écrans radars de nos quotidiens « cultivés », et assister à l’émergence désordonnée de paroles et d’arrêts sur images sur la diversité des colères, rancœurs, épuisements mais aussi des retrouvailles, liens nouveaux et révoltes renouvelées ne peut qu’inciter à mettre la pensée en mouvements. Comme je lis et j’écoute beaucoup, je ne me sens pas d’en rajouter ni de gloser. Alors, je mets des liens.

Ici, à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, on fait le boulot. On archive, on réfléchit, on met en commun. C’est leur boulot. Leur boulot n’est pas de soutenir de loin ou de haut, leur boulot c’est de réfléchir et de nous aider à le faire. Ils le font et c’est bien. Moi, j’ai un petit penchant pour ce qu’en dit Gérard Noiriel.

Comme on parle beaucoup de démocratie participative, et qu’il ne s’agit pas de réinventer la poudre à chaque fois que quelqu’un découvre un mot nouveau, c’est bien de se pencher sur des histoires qui ont fait la jeunesse de celles et ceux qui nous ont précédé.e.s. Et des leçons à en tirer. C’est à entendre ici, à Louviers, entre 65 et 83.

Et puisqu’avant de repousser encore une fois foireusement l’âge de départ à la retraite, on réitère en ce moment les sempiternelles négociations sur la réduction des droits au chômage, les intermittent.e.s de l’espectacle vivant et de l’audiovisuel pas mort se refont entendre. Où l’on retrouve Samuel Churin répondant à sa manière, plutôt belle, à des questions plutôt mal posées (c’est un euphémisme parce que j’ai été trop bien élevée).

Et, pour rajouter une petite touche toute personnelle, mon petit plaisir personnel du moment c’est qu’au mépris on sache toujours répondre collectivement.

Et puis une petite chorale nocturne pour finir, ici. A Commercy.

Ah, et enfin, aussi, comme on ne sait pas du tout ce qu’il en sera pour 2019, l’inconnu étant droit devant… Au bout… peut-être… y a la lumière… à moins qu’on ne sombre dans le crépusculaire. Alors je m’empresse de nous la souhaiter bonne, cette année ! E, sobretot, plan acompanhada. Bien accompagné.e.s.

*L’original, est là.