Cérémonie de vœux

J’y ai toujours cédé avec un vrai plaisir.
C’est une habitude prise enfant où l’on me faisait envoyer des cartes à des parents éloignés, que pour certains je ne rencontrerai jamais. Tonton Jean et Tantine Andrée à Lorp Sentaraille ou la cousine Zouir à Alger.
Je m’en suis toujours « servi » de même pour entretenir de loin en loin un vague lien avec celles et ceux dont la vie m’avait éloignés.

Cela fait cinq ans que je traîne la patte. Je me vois de moins en moins souhaiter des vœux de belle année quand je pense savoir que le pire est certain, qu’on y va, dans le mur et tout droit, désormais sans détours.
A moins qu’on ne monte vivement sur les freins, mais ça n’en prend pas le chemin.

Alors il ne nous reste plus qu’à nous souhaiter dans un chaleureux entre-nous des voeux de bonne santé*, resserrés au plus chaud de nos doutes ou de nos convictions, dans nos abris respectifs. Et ça, ce « resserrement » qui dit l’angoisse de temps non plus incertains, mais plus que certains, voilà qui ne peut nous satisfaire.

Reçu ce jour des voeux utilisant une phrase de Romain Rolland : « Même sans espoir, la lutte est encore un espoir ».
Voilà, il est là le noeud de ma non-cérémonie de voeux de cette année : l’espoir.

Janvier 2016

 

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