Des arbres, des médiathèques… et des petits vélos

Petite chronique de l’été : Il faut planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique. Bon, ce serait un minimum, parce qu’il faudrait tellement plus. La maison brûle toujours plus haut, plus fort, plus grand, on regarde toujours ailleurs sous les pieds nus de nos voisins pour voir si par hasard ils ne viendraient pas piller nos climatiseurs.
Hier quatre maisons sont parties en fumée à Montbazin, sous les effets conjugués de la sécheresse et du mistral.
Mais bon… des arbres… ça m’aide à faire un titre pour parler des médiathèques.

Et les petits vélos ? Ben le Tour de France est terminé, un jour de nostalgie s’en suit toujours obligatoirement. Un Tour effectué au frais de ma maison humide à défaut de courir les routes du Comminges et du Gard écrasées de chaleur et de souffrances. Le Tour de France, ça aide pas à lutter contre le réchauffement climatique… Mais ça fait toujours s’exalter les oiseaux à plumes et j’adore les journalistes sportifs, hérauts d’un lyrisme intemporel. Je me suis donc régalée à suivre le Tour dans les pages, désormais électroniques, du Monde en me réjouissant de leurs haltes bistrotières.
Régalée, y a pas d’autres mots.
J’aime les sports collectifs qui me donnent des émotions rarement ressenties par ailleurs* (je me mets dans les pas de Camus, ça cautionne grave), j’aime les paysages d’Occitanie et j’aime les feuilletons des journaux depuis Zevaco jusqu’à, donc, ce Tour exaltant de 2019.

Alors… Les médiathèques. S’il faut planter des arbres pour lutter contre le réchauffement climatique, il faut de la même manière planter des médiathèques pour lutter contre la désertification culturelle. Parce que le désert culturel, ce n’est pas l’absence de lieux de culture, c’est la réticence à les fréquenter, ces lieux. Etudes après études de l’observatoire des pratiques culturelles, on ne peut pas dire qu’on progresse à la vitesse du réchauffement climatique pré-cité.

Je ne connaissais pas bien les médiathèques avant d’y filmer dedans. J’allais quelquefois chercher des livres ou des films, vite fait, mais jamais m’y poser à lire le journal, regarder autour de moi les enfants y jouer, m’y faire lire des histoires au creux de l’oreille, participer à des ateliers d’écriture, d’épices, de sons, de chants, de jeux vidéos grandeur nature…. J’y étais bien passée y entendre une ou deux conférences l’an, oui, y voir un film ou une expo aussi… Mais pas plus.

Je n’avais donc pas vraiment la notion d’un service public aussi vaste, si complet. Un service de fait, comme l’eau et l’électricité pour ma génération, d’évidence. Mais je ne l’avais pas encore entendue, cette notion, comme au sens de Vilar, un formidable outil d’humanité, un service public de culture ouvert à toutes, tous, en tous temps et à toute heure, sans que l’on vous demande rien à l’entrée, juste à faire un petit peu moins de bruit quelquefois, le temps d’une pause, au frais climatisé en ce moment, aux frais du contribuable qui ne sait pas à quel point cette contribution-là est l’une des plus utiles qui soit.

Pourquoi ? Parce qu’on y est bien, qu’on s’y sent bien. Parce que personne ne s’y sent « jugé.e » comme on peut le ressentir trop souvent dans ces lieux de culture où il faudrait les bons codes pour oser y pénétrer (quel échec !).
Et qu’à partir de là, tout peut arriver. Il faut, pour chacun.e des individus que nous sommes, des lieux collectifs comme des rampes de lancement, des lieux dans lesquels on ne sait pas ce que l’on va trouver, des lieux au risque de s’y trouver soi-même.

Oui, il faut planter des arbres et des médiathèques.
Et des arbres comme des médiathèques, en prendre un soin constant.

  • Le théâtre, aussi, me les a apportées ces émotions autrefois. Mais j’ai plus trop les moyens… et je les aurai de moins en moins… je dis ça, je dis rien…

Une réflexion au sujet de « Des arbres, des médiathèques… et des petits vélos »

  1. Toussaint

    Merveilleuses retrouvailles ce matin, au réveil, Hélène ! Lire ce texte qui porte tout (ou presque) ce qui m’habite. L’impression de me lire, le talent en moins, mais le plaisir de la découverte.
    Un GRAND merci en attendant une prochaine fois…

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