Exercices d’admiration

Poteaux

C’est Yves Rouquette qui m’a confirmé qu’admirer était une bonne chose. J’avais un doute, regarder l’autre d’en bas, n’est-ce pas une manière de s’inférioriser ? Pourtant j’aime admirer. Admirer, ce n’est pas regarder d’en bas, c’est regarder en haut, s’élever par la pensée. J’ai fait une photo que j’aurais bien voulu mettre ici mais les photos d’enfant sur internet, apparemment, il vaudrait mieux pas (pfff…).

Alors je décris : c’est des pitchouns de cinq/six ans qui apprennent à se faire des passes au rugby, la balle va arriver, elle vient d’en haut, l’enfant au premier plan tend ses deux mains et regarde vers le ciel. Un peu flous derrière, deux autres minots lèvent aussi la tête. D’aucuns – athée version anticlérical – m’ont dit qu’elle faisait « religieux ».

Oui la photo dit ce que peut être la religion quand elle fait au mieux : relier ici-bas et regarder au ciel. S’élever*, élever le regard, comme dans une salle de cinéma : je n’avais pas compris jusqu’alors que le rugby est un sport d’élévation, pourtant j’ai aimé filmer les poteaux de rugby comme des cathédrales, couchée dans l’herbe au pied à toucher les nuages.
Alors voilà, j’admire.
J’ai fait des films pour dire ce et ceux et celles que j’admire.
On peut revoir François Liberti, la campagne de Sète. Car on ne le voit pas assez, pas François, le film. C’est par ici.

On peut relire les textes écrits sur Yves Rouquette et Pierre François. Ici et.
On peut voir ce tout nouvel opus mis en ligne réalisé dans le jardin de Pierre en septembre 2014. Je l’appelle Pierre François en son jardin ou L’enfance est un art et c’est ici : https://vimeo.com/159044657 

PF2020

Et on peut aller au cinéma dès demain voir deux comédiens que j’admire, Marion Bouvarel et François Fehner. Le film s’appelle Les Ogres, il est réalisé par leur fille, Léa Fehner, librement inspiré par l’aventure de la compagnie de théâtre itinérante de ses parents, l’Agit. J’en parle .
OgresA la manif de l’autre jour, tous mes copains sétois venus le voir en avant-première m’en ont dit du bien. On a en marchant, figurez-vous, plus parlé de ces Ogres que des lois qui veulent nous manger tout crus**. C’est vous dire si le film porte en lui le désir du partage.
Au plaisir…

Mars 2016

  1. On peut d’ailleurs lire avec profit un petit livre de Robin Renucci et Bernard Stiegler, S’élever d’urgence, éditions Attribut.
  2. Oui, tout crus. L’auto-exploitation dans les grandes largeurs, le miracle moderne en lutte contre les archaïsmes : à écouter cette émission sur France Culture, Les pieds sur terre : Pédale ou crève. « Le travail « uberisé » a un goût de servitude volontaire : l’indépendance portée en étendard n’a de nom que celui de statut juridique. Témoignages d’un livreur à vélo, soumis à la loi des primes et pénalités sur le salaire, et d’une hôtesse de l’air dans une compagnie low cost. » http://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/le-travail-low-cost

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