Il n’y a pas plus d’après que de farine en branche

Et j’en lis, et j’en écoute, des choses qui font rêver. Rêver d’un « après » du genre de l’an 01. On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste.

Alors, est-ce que la déprime vient toujours au bout d’un mois de confinement ? Est-ce que c’est mathématique, logique, inexorable ?
Je ne sais pas. Mais « l’après » commence à m’user la cervelle. J’en ai marre. J’en ai marre de lire qu’il faut re-localiser les productions. Bien sûr qu’il faut re-localiser les productions. Qu’il faut ré-investir dans les services publics. Bien sûr qu’il faut. Qu’il faut écouter et protéger les petits oiseaux qui re-chantent. Evidemment. Qu’il faut décréter la guerre aux injustices sociales. Qu’il faut mettre en place un revenu d’existence un peu costaud. Que la culture c’est euh… super essentiel. Que la permaculture c’est l’avenir (le mien, c’est certain, c’est pour demain…). Et patin, et couffin.

Bref, le monde meilleur, les « jours heureux » comme dirait l’autre (non mais…) est pour demain. Après.

Alors je lis aussi, je l’ai jamais vraiment fait, les gens qui sont quelque chose dans l’économie du moment du monde tel qu’il ne va pas depuis… euh… longtemps. Et eux (elles ?) disent qu’on va résoudre la crise (une crise ? quelle crise ?) par la relance de la consommation pour retrouver la croissance. Bouh… Pfff… (soupirs). En travaillant… plus. Évidemment.

Donc on sait depuis longtemps qu’on va dans le mur. Y en a d’autres qui se sont pris le mur dans le monde bien avant cette pandémie. On le dit, on l’écrit, on le hurle, on le chante. On espère toujours des jours meilleurs. Et puis, hop, on repart au charbon tout pareil. Enfin non, pas tout pareil, en faisant sauter décennie après décennie, les unes après les autres, ce que nous appelions des « protections sociales » du temps des jours heureux, justement, du CNR.

Il n’y a pas plus d’après à Saint-Germain des Prés que de farine en stock dans les supermarchés. Des jours heureux, il n’y en aura pas plus demain qu’après-demain si on ne trouve pas au plus vite la pédale de frein. Mais fissa, fissa. Il ne s’agit pas de penser, ça c’est fait. Du stock de « penser le monde d’après », on l’avait avant. Il s’agirait plutôt de le mettre en œuvre. Partout, et tout le temps. Bref, je déprime parce que je n’y crois pas vraiment. Comme le dit Rony Brauman : «  J’essaie d’éviter de confondre ce à quoi j’aspire et ce que je peux prévoir. » Mais sinon, ça va. Gardarem lo moral !

2 réflexions sur « Il n’y a pas plus d’après que de farine en branche »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.