Le retour du Tournoi des VI Nations

Pour tout vous dire, Marion Bouvarel dessine. Elle prend un texte et elle dessine. Là elle vient de m’envoyer un dessin sur la dernière ratatouille (caponata pour être précise) de l’automne dernier (lire le texte Vieillir, dit-elle ).
RatatouilleB

Et ici, nous sommes au pied des Pyrénées, c’est Noël, il fait beau et je vapote du café crème…
NoelB

Nous voilà donc rendus au coeur de l’hiver, même s’il n’y fait pas froid.

Mais peu importe le temps, si on nous laisse les saisons. Juste avant de se réjouir des journées longues du printemps à s’attarder aux terrasses de début de soirées, restons au chaud de nos gîtes, de cette chance que nous avons d’en avoir, au chaud des plats mijotés qui portent des noms du Sud-Ouest, cassoulets, garbures ou alicuits, au chaud des crêpes de la Chandeleur, car revoilà le Tournoi des VI Nations.

Encore des souvenirs d’enfance, et la voix de Roger Courderc toujours dans l’oreille.

Je reste persuadée que mon plaisir d’enfant n’est dû qu’à l’enthousiasme de Roger Courderc. Je ne comprends pas, sinon, pourquoi j’ai tant aimé ces samedis après-midi. La régularité aussi, le fait de prendre et d’avoir rendez-vous.

Ce qui plaît donc toujours, aujourd’hui – c’est comme le retour des daurades dans l’étang, des joutes sétoises dans le Canal royal, des champignons dans les sous-bois ou du Poulain dans les rues de Pézenas -, ce qui plaît c’est le retour de ce qui est connu, de ce qui s’absente et revient.

J’entends à la radio une émission sur les « conservateurs ». En Angleterre, au Québec ou en France. Encore un débat biaisé, mon dieu que je n’aime pas les débats manichéens. Aimer à retrouver ce qui est de saison, ce qui est connu, ce serait être conservateur et vouloir que rien ne change. Parce qu’il n’a pas changé, peut-être, le rugby de mon enfance et celui que je vais retrouver ce samedi ?!
– On peut d’ailleurs regretter (sans dire pour autant « c’était mieux avant ») deux trois évolutions, mais bon… on n’ose plus du coup, de peur de ne pas paraître assez « progressiste » -.

Bien sûr que les choses évoluent, qu’elles doivent évoluer, que l’humain avant de l’être marchait à quatre pattes ! Mais sans que cela nous ôte le droit de dire notre plaisir à faire corps ensemble autour de rendez-vous, de rituels, de fêtes et de saisons, qui ne peuvent revenir que si elles évoluent ! Que ce qui se fige s’éteint et meurt, que ce qui bouge, va et vient, revient toujours plus vif, plus intense et plaisant.
Le rugby est une fête, le tennis*… j’en sais rien… Moi c’est le collectif qui m’émeut.

Faire passer la balle et la voir monter loin. Et revenir chaque année, plantée dans mon salon, à côté d’un plat fumant et de convives reconnaissants.

Février 2016

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