Printemps

Oui, re-descendre dans la rue, enfin.
Puisqu’on parle de saisons, et que le printemps arrive : je nous souhaite un joli mois de mai.
Mais on n’a pas encore mis le premier orteil dans un cortège que la radio égrène déjà les suspicions d’immobilisme et de blocages… C’était lundi matin, hier. La (première) manif, c’est demain.

C’est tout le contraire, une manifestation : on se met en branle, en mouvement. Comme au carnaval, voyez, on y apprend à être ensemble. Sur des piquets de grève on en arrive à parler d’autres choses que d’islamismes et de terreurs. On se réinvente du commun. Dans un mouvement social, tout est bon à prendre, puisqu’il y a beaucoup à en apprendre.

Quand les wagons restent à quai, j’ai toujours souhaité aux jeunes gens d’avoir la chance de prendre le train d’un mouvement social, cela conditionne le reste d’une vie : apprendre que la lutte peut être joyeuse et enchantée. Difficile, bien sûr, et il y a à y perdre, toujours. Du temps, de l’argent, quelquefois des amis. Mais on y gagne tant, en savoirs multiples, en chansons et rencontres nouvelles. On fait feu de tous bois sur un piquet de grève et fi des corporatismes. Cela ne dure pas longtemps. Le feu est bref, les reculades rapides, et chacun « rentre vite dans son automobile ». Mais… pour le peu de temps que cela aura duré, certaines, certains auront dévié des routes habituelles et ce sera déjà ça.

J’entends au loin comme un reproche de romantisme.
Une bonne fois pour toutes : oui au romantisme, oui au lyrisme, oui à tout ce qui nous manque tant dans ce quotidien blafard, et souvent mortifère.
Oui, reprendre les rues, il est temps.

Mars 2016

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