Rentrée des classes (attention, double sens)

Pour le second des sens, celui de la lutte, donnons-nous tous les rendez-vous possibles, c’est mal barré, un peu, faut en être conscient mais disons que le 12 septembre est marqué sur le calendrier depuis la mi-juillet… La suite du billet dit pourquoi : même quand on ne croit pas, on pratique.

Pour le premier des sens, le primordial, la base, le retour aux sources et aux fondamentaux comme dirait l’autre, l’école, j’ai écouté ce matin les propos vivifiants car frappés au coin du sens, du vrai, du bon, de Véronique Decker. Elle est directrice d’école à Bobigny, a publié deux livres, et passait, entre sa pré-rentrée et sa rentrée en fanfare, une petite demie-heure sur France culture ce matin.

Tout ce qu’elle dit incite à lire ses livres. Et me ramène au travail en cours, un film à faire sur des femmes comme elle, de bonne volonté, au cœur d’un quartier dit populaire, la ZUP, à Sète, l’Ile de Thau. Et au débat esquissé entre ces femmes, filmées autour d’une table ronde, entre désarroi et optimisme, bras qui tombent et qui entourent.

Oui, la réalité, bien difficile à encaisser, suscite toutes les révoltes. Les encouragent, les renouvellent, les appellent. La réalité c’est aussi ce que d’aucun.es appellent « les mains dans le cambouis », – le terme est si vilain quand on parle des pauvres -, le « faire » de ces femmes et hommes de bonne volonté. Dans leurs écoles, leurs associations, leurs médiathèques. Les films, articles et témoignages sur ces gens admirables (on les trouve d’autant plus admirables qu’en miroir on se trouve bien pusillanimes) ne manquent pas. C’est bon signe, cela veut dire qu’elles et ils sont nombreuses et nombreux dans les quartiers et villages de France, de Navarre, et du Monde. Parce que le Monde tient sur elles et eux, en faits.

Le débat, sur ce coin de table, disait le refus du découragement. Que prendre les problèmes par le petit bout de la lorgnette n’empêchait pas de voir la triste et dure réalité globale, mais permettait de les régler un à un, peut-être, pas toujours, mais quelquefois. Que cela seul permettait de durer et que c’est la durée qui importe dans ces quartiers, ces villages, ces associations. L’optimisme de la volonté. Du volontarisme, même.

Véronique Decker disait aussi cela ce matin. En tant que syndicaliste, elle se bat, réclame, interpelle, crie, écrit, témoigne, alerte, etc. En tant qu’enseignante et directrice d’école, elle fait de la pédagogie Freinet. Point à la ligne.
Elle fait ce qu’elle peut. Elle fait au mieux. Elle fait avec tant d’autres.
Bonne rentrée.

Septembre 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *